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samedi 15 mai 2010

Ce blog se dédouble, pour mieux se concentrer

Ce blog a démarré le 30 janvier 2007. Après 3 ans et 3 mois, il était temps de changer le décor et de recentrer le contenu sur un thème bien identifié.

Le lien actuel reste actif et conservera tout l'historique des billets. Rappelons que le propos initial consistait à parler librement des métiers, de l'organisation, des réseaux, des aspects marketing et des outils nomades (ordinateur portable, mobiles,…) des consultants. Le blog prévoyait que tout consultant basé en région Aquitaine puisse contribuer, en publiant des billets.

Il faisait l'hypothèse que ces consultants autonomes partagent leur enthousiasme, leur vécu et leurs conseils de mobilité, de créateurs d'activité ou d'entreprise, même s'ils étaient auto-entrepreneurs par nécessité. La réalité a fait que les lecteurs ou amis n'ont pas eu l'envie — et donc pas le temps — de proposer des sujets. L'immense majorité, d'ailleurs, n'écrit pas, n'a pas de blog ni de site.

Ce blog historique est donc maintenant dédoublé en deux blogs bien distincts :
    1.    le blog du "portage salarial en Aquitaine" (accessible ici)
    2.    et le blog des "consultants autonomes" (accessible ici)

Le premier reprend donc les mots-clés à l'origine du blog initial : le portage salarial en région Aquitaine. Il se concentrera sur les sujets en rapport avec la création d'entreprise ou d'activité de conseil et de prestations intellectuelles, au sens large, telles que les EPS (Entreprises de Portage Salarial) les plus structurées, expérimentées, éthiques et sérieuses les portent, les accompagnent et les sécurisent.

Tous les "portés" ne sont pas des créateurs dans l'âme et tous les créateurs ne pensent pas forcément au portage salarial ou que cette solution puisse leur donner des bénéfices durables. Ce blog parlera donc également de re-positionnement professionnel, des populations en tension sur un marché de l'emploi difficile, ou plus positivement des envies de changement, de nouveau parcours, de transmission ou de ré-organisation de ses priorités, pour lequel le portage salarial est une réponse intéressante.

Il abordera aussi les autres statuts ou régimes, comme celui de l'auto-entrepreneur dont la promesse est essentiellement de faire faire quelques économies : économie de temps pour vite démarrer !? économie d'argent pour gagner davantage !? économie d'effort pour devenir entrepreneur !? Tous les jours, on constate dans les activités de conseil "B2B" (aux entreprises) que ces économies de l'Entreprise Individuelle sont illusoires, ou même à effet boomerang, à terme. Mieux vaut créer sa société, si on a besoin d'investissements importants, d'associés, de locaux, de salariés. Et si, comme dans la vaste majorité des cas, on n'a aucun de ces besoins au départ, il vaut mieux rejoindre une EPS, de préférence adhérente au principal syndicat professionnel (le SNEPS), qui donne au créateur toutes les caractéristiques d'une société dont il est salarié : numéro de RC, numéro de formateur, garanties de salaires, recouvrement, dispositifs de formation, etc.

Le second blog traitera des sujets en rapport avec le vécu des consultants autonomes, indépendamment de leurs statuts. Par ailleurs, il ne sera plus limité à la région Aquitaine, puisque beaucoup de consultants autonomes sont par essence ou par nécessité des nomades. On y retrouvera donc de nouveaux billets sur les sujets couverts par le blog d'origine : les métiers, l'organisation, les réseaux, les aspects marketing et les outils nomades des consultants.

jeudi 4 février 2010

Soirées réseaux bordelais

En ce début d'année, certaines personnes refont surface !! Après une période d'hibernation … Les réseaux professionnels bordelais attirent du monde, tant parmi les autochtones que parmi les nouveaux arrivants ou les natifs de retour dans le sud-ouest.


"33 CO" (pour Carrières et Opportunités) est un hub Viadeo qui compte plus de 1700 membres, depuis près de 3 ans (mai 2007). Lancé et animé notamment par Jacques Carreau et Luc Deleplanque, il a repris ses soirées sur une base trimestrielle probablement. 33 CO avait été mis en sommeil à la faveur du lancement, en 2008, du "BE33" (pour Bordeaux Entreprises 33 : Echanges et Proximité), qui a organisé 6 soirées depuis, dont la dernière le 16 décembre à Cap Sciences. Revenons à 33 CO qui a maintenant son espace sur Facebook. Le redémarrage a eu lieu le 27 janvier, avec une soirée apéritif à la Brasserie Le Saint Rémi (angle Galerie Bordelaise, rue St Rémi et rue Ste Catherine, face au McDo !). Le principe retenu était une forme de "speed-meeting" — pour jargonner moche et faire un clin d'œil à la restauration (sic !) rapide toute proche —, de table en table, ce qui a donné l'occasion aux uns et aux autres de brasser les cartes (c'est mieux pour une brasserie !), le tout dans une ambiance chaleureuse et constructive. Je ne dirais pas que certains n'ont pas fait du commercial de premier degré, mais globalement j'ai trouvé que l'esprit de rencontre, de partage d'infos et de convivialité était bien présent, ce qui est rassurant pour les nouveaux arrivants à qui tout le monde dit "les bordelais, c'est snob, froid et fermé".



L'autre soirée — bien différente dans le propos et le lieu — était celle du Club IEP, créé par l'Association des Anciens Elèves de Sciences PO Bordeaux, qui recevait Pierre Goguet, Président du Medef Gironde à la CCI de Bordeaux. A partir du thème L'action du MEDEF Gironde face à la crise économique actuelle”, l'intervention a été l'occasion de redire que le Medef Gironde ce sont 80% d'entreprises de moins de 50 salariés et 50% de moins de 20 salariés, autant dire des PME et TPE, dans le même contexte que celui de la CGPME avec qui le Medef Gironde s'entend très bien. L'occasion aussi de dire que les signes de l'amélioration économique ne sont clairement pas présents dans les entreprises de la région !! Après l'intervention proprement-dite de Pierre Goguet, plusieurs questions intéressantes ont été posées, notamment de la part de l'organisateur : Frédéric Bélot, avocat associé de BM Avocats (Paris) et Président du Club Affaires Bordeaux.


Deux soirées, avec une ambiance très différente, mais une préoccupation commune de fond : comment être acteur de la reprise, comment contribuer à re-localiser certaines activités, comment re-créer du lien qui s'effiloche, avec en toile de fond la culture de la demande de satisfaction immédiate de ses envies ?

Auto-entrepreneurs : choisir ou subir

Deux mises en avant à la télévision, la semaine dernière : une auto-entrepreneuse heureuse, dialoguant avec le Président Sarkozy, des auto-entrepreneurs forcés par leur ancien employeur, découvrant la profondeur de leur nouvelle précarité. Heureusement, les consultants, experts, formateurs, ne sont pas dans cette dynamique de la précarisation, si j'ose dire ! Petit retour en vidéo sur deux émissions : lundi 25 janvier, sur TF1, avec la désormais célèbre Elodie qui fait du service aux particuliers, naguère boosté par le CESU et maintenant par l'auto-entrepreneur ; dimanche 31, sur M6, avec la fin du sujet sur les auto-entrepreneurs.

La première a été vue par plus de 8 million de téléspectateurs. Son message : c'est formidable de créer aussi facilement son entreprise, c'est rapide, mais elle se sent bien seule, elle aurait besoin d'un accompagnement. La réponse, à côté de la plaque, du "bon roi Nicolas" : j'en parle à Monsieur Novelli, le ministre qui a lancé cette expérience, dont le succès nous a dépassé, et il faut envisager de la formation.





La seconde émission consacrée à "la France qui redémarre" comprenait un sujet sur les 320000 auto-entrepreneurs déclarés en un an, depuis le lancement du nouveau régime d'entreprise individuelle. Après deux exemples d'activités de prestations pour les particuliers (animation de soirées disco et transfert de photos et vidéos familiales sur des supports DVD), le reportage s'est concentré sur des dérives très inquiétantes de la part d'anciens employeurs. 





Le résultat : l'entreprise se décharge des tracasseries administratives en réglant de simples factures de prestations, elle reporte une partie du risque d'entreprendre sur le prestataire, l'auto-entrepreneur est certes libre de ne plus travailler pour l'entreprise devenue cliente (s'il a d'autres clients), mais il n'a plus droit au chômage, il est devenu un travailleur jetable.


Lire aussi "L'auto-entrepreneur séduit toujours plus, parfois au détriment des salariés", publié par l'AFP.

samedi 19 décembre 2009

Pourquoi de nouvelles dispositions pour l'entreprise individuelle en 2010


Sur le portail internet du gouvernement, vient d'être publié un article intitulé "François Fillon annonce de nouvelles mesures pour accompagner la création d’entreprise en France". Net-Iris, portail juridique d'information, titre notamment La création d'entreprise sans bouger de chez soi” (sic !). Que penser de ce boom médiatisé de la création d'entreprise à la portée de tous ? L'auto-entrepreneur est-il toujours un entrepreneur ? Son inscription a-t-elle abouti à la création d'une entreprise individuelle ? Son auto-entreprise a-t-elle décollé ? Est-elle viable ? On ne nous dit pas tout !!, comme le scande Anne Roumanoff 

Que retient-on du discours du Premier Ministre, en présence d'Hervé Novelli ? “François Fillon célébrait, le 16 décembre 2009, la 500 000e création d'entreprise de l'année. Un record qui confirme le succès du nouveau régime de l'auto-entrepreneur et qui encourage la mise en œuvre de nouvelles mesures en faveur de la création d’entreprise.” … “Une nation sans entrepreneurs, c’est une nation qui est vouée au déclin. En revanche, une société qui rend hommage à ses entrepreneurs, c’est une société qui croit en l’avenir.”. Qu'en est-il réellement ? Où veut-on aller ?

Une enquête de l’UAE (Union des Auto-Entrepreneurs) portant sur un échantillon de 1000 auto-entrepreneurs vient de dresser le portrait moyen d'un homme de 44 ans dont l'activité est essentiellement dans le secteur des services — 39% dans les services à la personne et 28% dans les services aux entreprises —, avec un CA de 1044 € mensuel sur une moyenne de 5 mois d’ancienneté. Et comme chiffre d'affaires ne veut pas dire revenus, et encore moins revenus nets, on comprend pourquoi on note un recul du nombre d'inscriptions depuis novembre ! Derrière l'objectif louable de promouvoir l'envie d'entreprendre, et de compléter ses revenus, d'autres raisons non affichées ont poussé le gouvernement à améliorer la micro-entreprise bien connue depuis plusieurs années : la volonté de faire baisser artificiellement les statistiques du chômage et celle de "dégriser" des pans de l'activité qui se faisaient au noir (vente de biens sur e-Bay, par exemple, ou services aux particuliers qui ne passaient pas en CESU). Sur ce dernier point, le gouvernement a peut-être réussi, puisque près de 40% des auto-entrepreneurs rendent des services à la personne. Espérons toutefois qu'ils ne sont pas sous-traitants d'entreprises de services à la personne ! Auquel cas, ils seraient fortement précarisés. 

Quant à ceux, moins nombreux, qui déclarent vendre des services aux entreprises, il y a les personnes qui le font dans l'espoir de gagner davantage que s'ils créaient leur société ou s'ils utilisaient la formule du portage salarial. Hélas, les auto-entrepreneurs déclarés que je rencontre constatent plus souvent une forte baisse des prix, le client profitant de leur "statut" pour obtenir de meilleures conditions. Et je ne parle pas de cet auto-entrepreneur qui me disait le mois dernier que son offre de service sera l'assistance administrative et la comptabilité des auto-entrepreneurs !! Il n'a sans doute pas vu la CCI du coin, qui lui aurait demandé s'il avait fait ne serait-ce qu'une ébauche d'étude de marché ! Un précaire au service des précaires !! Tel pourrait être son slogan…

Alors, quelles sont ces trois nouvelles mesures pour “simplifier, sécuriser et élargir la création d'entreprise” ? “[le] "guichet unique" qui sera mis en place le 1er janvier 2010 et qui permettra de réaliser l’ensemble des démarches administratives nécessaires à la création d’entreprise, y compris par voie électronique […] ; le nouveau statut d’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) qui donnera aux entrepreneurs la possibilité de protéger leurs biens personnels en cas d’échec ;  […] permettre aux mineurs émancipés de devenir commerçants, et aux mineurs non émancipés de créer leur entreprise, avec l’autorisation de leurs parents." […] Se réjouissant d’une France “s’empare des forces qui sont en elles”, le Premier ministre a assuré que “toutes les mesures que nous essayons de prendre, notamment sur le plan de la fiscalité, pour essayer d'améliorer la compétitivité des entreprises sont des mesures qui sont fondamentales pour la croissance de l'économie, donc pour l'emploi et pour le maintien du mode de vie qui est le nôtre”.” Le mot est lâché ! Après son initiative sur les retraites pour essayer de sauver ce qui peut l'être, le Premier Ministre rappelle en filigrane que si la France était une entreprise, elle serait en état de cessation de paiement. 

Ne revenons pas sur le "guichet unique", ou comment créer son entreprise sans bouger de chez soi ! Ni sur les mineurs qui pourront créer leur entreprise avant d'avoir essayé d'avoir un emploi. Je crois que ceci pourrait d'ailleurs être une très bonne idée, puisqu'on sait que c'est mieux de prendre des risques quand on est jeune, que les discriminations parfois multiples bloquent fortement l'accès à l'emploi et que c'est bien qu'ils ne rêvent pas tous de devenir fonctionnaires. En revanche, la possibilité de protéger ses biens personnels, avec la future EIRL risque de rendre définitivement schizophrènes les CCI et autres organismes censés conseiller les futurs créateurs. L'EIRL sera-elle un hybride à mi-chemin entre l'EI et la Sarl ? Un hybride conçu pour résister à tous les maladies de l'économie, à l'image des OGM ? 

En lisant l'article, certes très orienté, de Marianne2, on y voit plus clair sur la faible marge de manœuvre du gouvernement : “Bolkestein revient, et on n'en parle pas...”. Deux extraits : “Contrairement à beaucoup d’anciennes directives, celle-ci n’entreprend pas le démantèlement d’une entreprise publique. Elle les épargne même explicitement, laissant à d’autres textes le soin de s’en charger, pour se concentrer sur son unique objectif : tout le reste. Tous les secteurs économiques sont en effet concernées, et pas seulement, comme des parlementaires le répètent trop souvent, les « professions réglementées ».” … “on trouve des morceaux de Bolkestein éclatés un peu partout. La loi de modernisation de l’économie (LME) de mai 2008 avait créé des « guichets uniques » pour l’information et les démarches administratives des entreprises européennes, avec une publicité toute particulière faite au nouveau statut d’auto-entrepreneur. Vision glorieuse, non ? 500 millions d’auto-entrepreneurs « libres » de s’établir et de « prester » là où ils le veulent.

jeudi 3 décembre 2009

Vers un nouveau monde, avec les entreprises

Vers un nouveau monde ? Tel était le titre de la 9ème édition de l'Université des entreprises, organisée par le Medef Gironde, à Bordeaux Ecole de Management (BeM), le jeudi 26 novembre.

Les questions proposées aux intervenants, au fil de 4 débats, étaient les suivantes : Dans quel monde voulons-nous vivre ? Quelles sont les règles du jeu que nous sommes tous prêts à partager ? Sur quelles valeurs voulons-nous fonder nos sociétés ? Voulons-nous un monde plus respectueux et plus solidaire pour vivre sur une planète plus apaisée ? Quels sont la place et le rôle des chefs d’entreprise dans ce nouveau paradigme ? Passons sur les introductions des trois premiers débats par des professeurs de BeM : je ne voudrais pas être méchant ! Et zoomons sur les entrepreneurs.

Dans le premier débat, modéré par Gabrielle Denis (Editoile), Jean-François PAILLISSE (Pdt du Directoire de la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes) est intervenu en premier et a dit des choses intéressantes sur le besoin de s'adapter aux attentes très fortes des "nouveaux clients", très exigeants et très peu fidèles.

Pour écouter Jean-François Paillisse, cliquer ci-dessous :




Ensuite, Pierre FONLUPT (Pdt Commission Entreprises et Société, au MEDEF) nous livré le témoignage des entrepreneurs, en nous expliquant très concrètement pourquoi il faut réintroduire du collectif, redonner de l'initiative (le droit à l'erreur) et instaurer une organisation émotionnellement intelligente.

Pour écouter Pierre Fonlupt, cliquer ci-dessous :




Il y avait également Patrick DEBAERE (Pdt de l’Union régionale, CFE-CGC) et Michel SARRAT (PD-G de GT LOCATION). Le témoignage final de Marc PRIKAZSKY (PD-G de CEVA Santé Animale) concluait ce débat, avec des idées fortes sur l'engagement humain en entreprise.

Pour écouter Marc Prikazsky, cliquer ci-dessous :




Dans le second débat, modéré par Yann Buanec (Le Journal des Entreprises), nous avons eu une brève intervention de Philip McLAUGHLIN (Directeur de BEM), avec son humour habituel, suivi de Gontran LEJEUNE (Pdt du CJD), puis de Jérôme VERSCHAVE (Directeur de Cabinet du Conseil Régional). Je retiendrais celle de Geoffroy ROUX DE BEZIEUX (Pdt de VIRGIN MOBILE et de l'UNEDIC), qui disait les choses avec beaucoup de bon sens et l'esprit d'entreprise. Il nous a expliqué les 3 ingrédients essentiels pour diriger aujourd'hui et demain : la légitimité, la vérité et l'équité.

Pour écouter Geoffroy Roux de Bézieux, cliquer ci-dessous :




Le troisième débat était modéré par l'incontournable Alain Ribet (Objectif Aquitaine). Jean-Pierre ARNAUD (Pdt DCF), Thomas BERNARD (Directeur de Galerie), Antoine BONSCH (ADEME Aquitaine) et Delphine STROH (Responsable Développement Durable, Carrefour France) ont parlé des nouvelles attentes des clients, chacun à leur manière. C'est évidemment Ralph HABABOU, conférencier professionnel, rompu à cet exercice, qui a parlé du client roi devenu client dictateur, depuis que le net a pris le pouvoir sur nos comportements d'achat. Celui qui fut co-auteur avec Philippe Bloch du célèbre livre "service compris", il y a pas mal d'années maintenant, celui qui a créé Colombus Café en France, avant de le vendre récemment, vient d'écrire "Génération W". Derrière les 3 "w", il y a évidemment le web, mais aussi "woman" et "weather" : le pouvoir du net, les femmes comme principal moteur de progrès économique et social, et les changements climatiques qui influencent fortement notre avenir.

Pour écouter Ralph Hababou, cliquer ci-dessous :




Le débat de clôture était modéré par Pierre Goguet (Pdt Medef Gironde). Des personnalités aussi différentes que Claude DAGENS (Évêque d’Angoulême et Membre de l’Académie française), Eric FOTTORINO (Le Monde), Jean-Hervé LORENZI (Pdt du Cercle des Economistes, à nouveau Geoffroy ROUX DE BEZIEUX et enfin Manuel VALLS (Député-maire d’Evry) se sont succédés. C'est l'électron libre du PS que je retiens pour sa libre parole et sa clarté par rapport aux créateurs de richesse.

Pour écouter Manuel Valls, cliquer ci-dessous :




Pour voir quelques photos.

mercredi 18 novembre 2009

Entreprendre et réussir, selon Novelli

Co-écrit avec Louis Le Duff, créateur des enseignes franchisées Brioche Dorée et de (Pizza) Del Arte, notamment, le livre a été présenté par Hervé Novelli au Salon des micro-entreprises le mois dernier. Depuis, on croise la pub un peu partout, notamment dans les Relais H devenus Relay, pour faire davantage French !! Et que lit-on comme arguments ? Sécurité, rentabilité, performance. Parlons-en…

Le livre comporte trois parties : l’entrepreneur, l’auto-entrepreneur et le franchisé. Concernant la franchise, il est dit que 1250 réseaux de franchise cherchent des partenaires, mais sont-ce des purs entrepreneurs ? Ils cherchent la sécurité, espèrent la rentabilité et la performance. Les connaisseurs savent qu'il faut pas mal relativiser, selon les franchises, et que l'investissement est très important. Concernant l'auto-entrepreneur (2/3 des inscriptions Insee en octobre), sont-ce des entreprises ? Pas encore, pas vraiment, pas forcément au bout du compte*.

Si 56% des français rêvent de créer leur entreprise, on prévoit que quelque 500 000 auront sauté le pas de la création en 2009. Mais que se passe-t-il dans les faits ? Parmi les articles récents, je citerai celui de l'entreprise.com. Car, même s'il est titré "Encore un bon cru pour les créations d’entreprises en octobre 2009", il explique clairement qu'il s'agit aussi d'un "dispositif détourné de sa vocation première". Extrait :… il s’avère fréquent que des salariés utilisent ce dispositif non pas pour créer leur société, mais tout simplement pour se faire rémunérer. Le régime de l’auto-entrepreneur se révèle pratique pour les employeurs qui, tout en ayant besoin de main-d’œuvre supplémentaire, rechignent à embaucher un salarié en CDD ou en CDI, une procédure jugée trop lourde ou trop coûteuse en termes de charges sociales pour les comptes de l’entreprise.

Sécurité, donc ! Est-ce bien la quête de ces faux entrepreneurs qui préfèreraient un contrat de travail pour assurer un service sous la responsabilité et la conduite d'un employeur de fait ? La re-qualification en contrat de travail est un risque que leur faux clients n'ont même pas imaginé. A vouloir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière, on aboutit à du n'importe quoi !

Rentabilité, ensuite ! Est-ce que les "créateurs", comme on appelle sans nuance les auto-entrepreneurs inscrits, s'y retrouvent quand leurs clients (et faux clients) leur dictent leurs conditions ? Le vrai client a tendance a user de sa position de force par rapport à la prestation de service qu'il pourrait confier à l'auto-entrepreneur, en faisant baisser anormalement les tarifs. Le faux client (employeur qui ne veut pas le reconnaître) reprend cette complainte des cotisations sociales qu'il veut économiser, en essayant de négocier (d'imposer ?) des prix sans charges. Mais qui va payer les pots cassés ? Celui qui n'est ni autonome ni entrepreneur risque fort de confondre chiffre d'affaires et revenus.

Performance, enfin ! Est-ce que les créateurs optant pour le régime d'auto-entrepreneur en tirent un bénéfice réel ? Combien leur restera-t-il une fois déduites les charges, certes moindres ? Une fois payés les frais inévitables associés à la création (temps passé à une mini-étude de marché, fournitures, équipement minimum, invitations, prospection, voire formation, etc.) ? Ne vaudrait-il pas mieux démarrer tout de suite en portage salarial pour bénéficier de services plus performants, et faire baisser plus vite les frais de gestions appliqués sur le CA facturé ? Ou ne vaudrait-il pas mieux créer une vraie entreprise pour adopter dès le départ les bonnes pratiques de gestion qu'il faudra de toute manière intégrer une fois dépassé le plafond du régime d'auto-entrepreneur ? Est-ce que les clients y retrouvent leur compte ? Qu'arrive-t-il si la prestation ne convient pas, si le prestataire n'est pas qualifié, pas assuré ? Quel est le gain au final ? Est-ce que le système économique dans son ensemble fonctionne efficacement ? Crée-t-il de la valeur ajoutée ?

(*) voir aussi "Auto-entrepreneurs : bien voir les choses derrière les mots"


lundi 19 octobre 2009

Jacques Marseille invité du Forum interclubs d'entreprises : les atouts de la France, après la crise

Vendredi 16 octobre, se tenait à St Estèphe le 4ème Forum interclubs d'entreprises de la Gironde. Il était organisé par le Club des entreprises du Médoc, présidé par Laurent Cadusseau très désireux de faire connaître les entreprises du Médoc. Après un buffet très bien fourni et convivial, qui a permis à nombre de personnes de se retrouver ou de faire connaissance, l'après-midi a été consacrée à 3 ateliers*, suivis d'une dégustation de St Estèphe, puis de la conférence de Jacques Marseille.

J'imagine que les hôtes ont été un peu déçus par le nombre de présents, alors qu'ils avaient davantage d'inscrits, comme en témoigne le nombre de badges restés à l'accueil. Ceci est d'ailleurs un point commun avec la Journée de l'Ecomomie (JEA), un mois plus tôt. L'éloignement a peut-être joué, car ce territoire aux vignobles prestigieux, est à 1h30 de la plupart des autres lieux des différents clubs d'entreprises.

Quoi qu'il en soit, le clou de ce Forum était l'intervention du grand témoin, Jacques Marseille, qui se présente comme "historien de l'économie". L'universitaire connu (professeur à la Sorbonne), auteur de nombreux livres et intervenant à la radio (Europe 1) ou à la télévision (France 5), a su captiver l'auditoire, en fin de journée. Autre point commun avec la JEA : la présence en fin de journée d'Alain Rousset, Président de la région Aquitaine, venu clôturer la journée ; lors de chacun des événements, le conférencier — Jean-Marc Daniel le 17 septembre, Jacques Marseille le 17 octobre — insistait sur le fait que ce sont les entreprises qui créent la richesse et alimentent la sphère publique.

En tous cas, nul doute que Jacques Marseille a redonné du baume au cœur à la majorité des participants ! Dans la vidéo, je n'ai repris que quelques extraits de plus d'une heure de conférence. Pour écouter la quasi totalité de son intervention, vous pouvez lancer le fichier audio ci-dessous (57 mn).




En résumé :
• la crise qui nous a frappée est tout ce qu'il y a de plus banal :
- une nouvelle crise survient en moyenne tous les 7 à 8 ans (les 3 dernières étant celles de 1987, de 1995 et de 2001),
- la durée moyenne d'une crise (sauf celle de 1929) est de 16 à 23 mois, la crise actuelle se terminerait donc maintenant,
- les crises ont pour origine la cupidité et l'amnésie,
- la prochaine crise viendra de la nouvelle bulle qui se crée : la dette de l'état !
- la mondialisation a considérablement créé de richesses,
- contrairement à 1929, les réserves de croissance existent avec les pays émergents,
• la France a des atouts importants pour s'en sortir :
- elle est la 5ème puissance mondiale (dans quelques années, elle va dépasser l'Allemagne, puis se fera dépasser par l'Inde, le Brésil et peut-être la Russie),
- la France est le 5ème exportateur mondial,
- la balance commerciale est un indicateur trompeur, car les grandes entreprises fabriquent à l'étranger les produits vendus à l'étranger,
- nous sommes le premier pays exportateur agro-alimentaire,
- les exportations annuelles de produits alcools, vins et spiritueux représentent 147 Airbus A320 et 273 TGV,
- mieux vaut miser sur le vin que sur l'Airbus qui sera inévitablement copié par les Chinois,
- nous sommes le quatrième exportateur mondial de services,
- les travaux publics comptent trois entreprises françaises dans les 5 premiers groupes mondiaux (Vinci, Eiffage, Bouygues),
- les investisseurs étrangers apprécient particulièrement la France et s'intéressent à nos PME,
- la France reste la première destination touristique mondiale,
• les français — champions du monde de la consommation des antidépresseurs — devraient se rendre compte des atouts de la France :
- le taux de natalité est le plus fort d'Europe et compte pour plus de 60% de l'excédent de croissance démographique (l'Allemagne va se retrouver en dessous de sa population de 1913, et nettement plus vieillissante),
- la géographie de la France (ouverture vers l'Atlantique et la Méditerranée, liaison avec la Grande-Bretagne par le tunnel, etc.),
- l'agriculture et la production alimentaire,
- l'attractivité de la marque "France" pour tous les peuples qui s'enrichissent (le luxe, la gastronomie, le vins, les architectes français, le tourisme, la culture),
- le capitalisme familial et l'édredon social qui favorisent la localisation des services.

(*) Le premier, animé par Jean-Marc Urrutibehety, président de l'interclubs, était surtout centré sur le développement des entreprises, avec notamment un point sur les aides européennes. Le second, animé par Alain Ribet, était une présentation de quatre entreprises médocaines, avec vidéos et témoignages. Le troisième a permis aux sponsors de rappeler leur action proche des entreprises : les experts comptables du réseau CER France et les conseillers de la Banque Postale.