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vendredi 12 décembre 2008

Vous souhaitez devenir consultant-formateur : "the" gag !!


Cette "offre d'emploi" vue sur Emploi Région, que m'a fait passer un collègue, ressemble à un mauvais gag !

VOUS SOUHAITEZ DEVENIR CONSULTANT FORMATEUR en vente et management, vds CAUSE RETRAITE, tout le nécessaire pour être opérationnel rapidement : ordinateur, scanner, caméra, vidéo-projecteur, valise tél., combiné TV cassette VHS, une centaine de fichiers word et powerpoint, une centaine d'ouvrages sur le sujet, etc, prix à débattre

Le futur retraité a-t-il travaillé depuis le siècle dernier ? Les livres dont il veut se débarrasser sont-ils aussi dépassés que son combiné télé/VHS ? Quel rapport entre "vous souhaitez devenir consultant-formateur" et le vide-grenier de ce personnage ? Et, plus généralement, comment une telle annonce est-elle passée comme "offre d'emploi" ?!!

La morale de l'histoire est triple :

(1) les sites d'emploi manquent cruellement de matière depuis quelques temps, y compris les plus institutionnels (ANPE ou APEC) ; la tentation est grande de publier du "n'importe quoi"*

(2) les fantasmes de certains ont la vie dure, en matière d'entreprise de conseil ou de formation, ou de prestation intellectuelle au sens large. Pas étonnant que certains rapaces essaient de leur voler un peu de chair, avant même qu'ils ne trépassent dans la jungle des créateurs ; c'est le cas de ce Monsieur avec son espoir de récupérer un peu d'argent avec des "centaines de fichiers Word et PowerPoint" !! c'est aussi le cas de certaines "écoles" de coaching, pas très regardantes, qui font payer cher une formation pas sérieuse que jamais le nouveau "coach" qui arrive sur le marché ne réussira à rentabiliser !

(3) devenir consultant est le produit d'une expérience, d'une formation et d'une méthode construite. C'est ce que nous avons observé en accompagnant des milliers de consultants depuis plus de 12 ans, au plan national, chez ITG. En Aquitaine, je vois plus de 200 personnes chaque année ; une partie de ces candidats créateurs va effectivement se lancer, via portage ou inscription au RC ; et une partie de cette partie est — ou sera — dans une réelle posture de consultant, avec le professionnalisme et les modes opératoires en cohérence. On peut vivre en tant que prestataire, voire même sous-traitant, et il n'est pas indispensable de s'auto-proclamer "consultant".


(*) Un autre ami me le disait récemment : il tombe essentiellement sur des offres d'emploi émanant de sociétés qui n'ont pas d'existence avérée ou de solos qui n'arrivent pas à décoller et s'imaginent "pomper la sève" de commerciaux avec la vague promesse d'une rémunération, et parfois même d'un contrat de travail qui ne vient jamais. J'en connais un dans cette situation, qui a eu des salaires partiels et à retardement, mais aucun remboursement de frais et qui est allé aux Prud'hommes. La société qui lui a fait 2 bulletins de paye n'a pas d'existence légale, juste un individu qui a utilisé le nom de la société avec laquelle on ne connaît pas les liens exacts, si ce n'est commerciaux. Le tribunal a renvoyé à 9 mois plus tard, le temps de trouver qui tire les ficelles et a été à l'origine de l'offre publiée par l'ANPE.

jeudi 17 juillet 2008

Le marché de mode du coaching à tout faire …

On trouve de tout — et parfois n'importe quoi — dans la mode envahissante du "coaching". C'est ce que je vois ici ou là, et c'est ce qui rend difficile le positionnement des "coachs" qui essaient de faire valoir leur sérieux.

Accompagner les individus — parfois les équipes — est un vrai métier. Qui est susceptible de l'exercer le mieux ? La personne qui a un "diplôme de coaching" de telle ou telle enseigne ou association ? Ou bien celle qui a vécu les situations professionnelles (ou personnelles) de celle qu'elle accompagne ? Ou les deux ? Je serais tenté de dire les deux, avec la primeur au vécu, en tous cas au vécu de l'entreprise, de l'économie, du monde du travail, etc.

L'article publié ce jour dans Newzy fustige les gourous et l'appât du gain de ceux qui donnent une si mauvaise image à une méthode galvaudée, utilisée à toutes les sauces. L'introduction est sans nuances : "Le marché de la détresse psychologique ne pouvait pas échapper aux pros de la manipulation mentale. C’est par la formation qu’ils font leur beurre…"

Coachs ou gourous ?
Newzy.fr - 17-07-2008

vendredi 23 mai 2008

L'association NGRH fête ses 20 ANS le 14 juin 2008


L'association réunit des professionnels de la gestion des Ressources Humaines ou des personnes souhaitant s’orienter vers ce domaine d’activité qui veulent échanger, partager, réfléchir sur les enjeux de la fonction RH, le tout de manière conviviale.

Elle organise donc son anniversaire avec ses présidents, ses partenaires, ses adhérents et ex-adhérents. Elle accueillera aussi avec plaisir ses sympathisants et les personnes qui voudraient la rejoindre. Une occasion festive pour faire connaissance !!

Comme le dit l'invitation, accessible depuis le site NGRH, cette journée d'exception se tiendra le samedi 14 juin 2008, au Château Grattequina (Blanquefort).

Programme :

11:30 Accueil des Présidents et cocktail
12:30 Déjeuner
14:30 – 18:00 Après-midi ludique, NGRH met en musique les valeurs actuelles et futures de l'association.

Voir l'article de Sud-Ouest du 16 mai.

mardi 13 mai 2008

Le harcèlement psychologique décrypté par des "coachs"


L'association NGRH organisait la semaine dernière au Mégarama (Bordeaux-Bastide) une projection privée d'un film passé un peu inaperçu, lors de sa sortie en septembre 2006 : Fair Play.

Comme annoncé, l'histoire était celle de "petits défis pas très sport entre salariés, une comédie féroce sur la vie en entreprise".

Le réalisateur, Lionel Bailliu, était parti de l'idée de parler de "harcèlement psychologique à travers des séquences de sport."

A l'issue de la projection, Eric DAZOLS (formateur en management et coach) et Francis ZUAMABAR (fondateur du CRET) ont conduit un débat fort intéressant, prolongé par d'autres échanges conviviaux autour du buffet qui a suivi.

Résumé du film : Quand les salariés de l'entreprise ne sont pas au bureau, ils se réunissent sur les terrains de sport afin de libérer le stress accumulé. De l'aviron au squash, du parcours de santé au canyoning en passant par le golf et la piscine, patrons et employés profitent en réalité de l'occasion pour régler leurs querelles intestines au cours de duels sans merci... Un patron dominateur compulsif, une nouvelle recrue à l'arrivisme forcené, un cadre calculateur et machiavélique et une employée trop victime pour être honnête règlent leurs comptes sur les terrains de sport. La sueur se mêle à la manipulation, la domination sportive se transforme en harcèlement et la résistance physique devient le dernier rempart contre le licenciement...

Pour voir la bande-annonce.

Lire aussi une critique de Caroline Leroy, qui reprend quelques-unes des idées échangées ce soir-là au Mégarama.

samedi 15 mars 2008

La trempe des coachs exigeants


C'était le jeudi 13 mars, lors d'une soirée NGRH. Jean-Pierre KORCZAK, coach aquitain et Cyril BAQUÉ, qui s'appuie sur le coaching des sportifs, ont témoigné à propos de leurs approches et expériences d'accompagnement individuel de managers devant développer la performance.

Ils nous ont utilement rappelé les contours de toute commande de coaching (la demande et le besoin), le centrage sur le coaché, la posture du coach, sa position en cas de conflit, le pré-entretien, l'importance des critères d'évaluation en amont de la démarche, les limites de la démarche.

Parmi les très intéressants témoignages, et les réponses aux questions des participants, celui que nous appelons affectueusement "JPK" a insisté sur un point qui me semble majeur : une fois la prestation est terminée, si l'évaluation montre que le résultat n'est pas obtenu (du fait du coaché, du coach ou de l'entreprise), il ne remet pas le couvert !! Il ne propose pas une rallonge de forfait coaching ; il ne favorise pas la consommation ; il considère que la prestation n'a pas été réussie. Si le demandeur veut repasser commande, c'est un autre coach doit être engagé. On aimerait entendre plus souvent des consultants avec cette éthique !!

Second exemple de coach exigeant : Pierre Blanc-Sahnoun, fort connu et déjà cité dans ce blog. Dans un article du 15 octobre 2007, il se demande “Peut-on encore parler de coaching et s’intituler « coach » ?”. Il fustige les abus de langage, qui font passer pour du coaching tout ce qui est service client, support technique en ligne ou simple gadget marketing. Voir l'article complet.

Plus récemment (le 13 février 2008 ) PBS s'interroge sur le risque que sa réputation l'amène à “se faire prendre au piège d’une image flatteuse renvoyée par les médias ou par les clients, qui tendrait à lui faire abandonner sa posture d’ignorance au profit de l’illusion qu’il sait (enfin) quelque chose, qu’il peut devenir un expert, développer des outils, se prendre pour un cultivateur de la pensée protégeant jalousement son silo, dont il espère bien tirer profit lorsqu’il vendra sa récolte au marché. Dès lors, il devient non plus un artisan qui fait commerce de son art, mais un commerçant qui vend un produit standardisé, un ours effectuant inlassablement le même numéro.” Voir l'article complet.

samedi 15 décembre 2007

Parlons-nous bien français, in the text ?

J'entends, jour après jour, certains journalistes nous appauvrir la langue avec des mots de la médiacratie — devrais-je dire de la médiocratie !? La bouillie ressemble à ceci : “Alors, en fait…, il a été nominé au dernier prime, ce qui est devenu récurrent, en fait…, même si le concept de l'infotainment a besoin d'être customisé.”

J'entends, jour après jour, certains consultants nous balancer des merveilles d'affirmations qui abusent trop de gens. Le franglais ressemble à ceci : “il est important de réaliser l'update avant la prochaine release, sinon le système ne sera pas supporté, car nous avons besoin de tracer (tracker !?) les utilisateurs finaux (finauds !?) de manière positivement proactive …”

Du côté des "coachs", c'est pas mal non plus. La musique du gourou ressemble à ceci : “après l'avoir briefé sur ma méthodologie, afin d'adresser efficacement sa problématique, j'ai vu qu'il était mieux positionné et qu'il pourrait saisir cette opportunité pour solutionner les dysfonctionnements.”

Ne parlons pas des blogueurs !! Il serait sans doute facile de repérer des mots ou expressions qui témoignent d'un relâchement de ma part !! Et pan sur le bec !!

Si vous voulez vous amuser, allez voir le Dicomoche !! Jean-Michel Gaudin, le responsable de ce site — hélas très moche graphiquement !! — est doté de pas mal d'humour, comme le montre cette petite illustration ci-contre.

Je termine par un exemple, parmi tant d'autres dans son dictionnaire des mots moches. Déformation de traducteur, j'ai regardé un de mes dadas — le mot facilitateur, du verbe "facilitater" ! Je facilitate, tu facilitates, il facilitate, nous facilitatons, … — et j'approuve ; habituellement, je disais "faciliteur/teuse", mais bon "facilitant" est pas mal et "facilitante" plutôt mieux.

mardi 3 juillet 2007

Nouvelles carrières (suite)

Sur le blog des "Nouvelles Carrières", Jean Pralong revient sur sa conférence bordelaise et fait une copie de sa présentation. Voir ici.

Les consultants, experts, indépendants, formateurs, etc., qui pratiquent au quotidien les nouveaux modes de fonctionnement décrits par Jean Pralong, sont invités à commenter, apporter leur témoignage.

vendredi 2 février 2007

Quand un "coach" se lâche …

Lu dans un "billet d'humeur", Pierre Blanc-Sahnoun se sépare d'une conception du coaching qu'il ne partage plus : humour et humeur dans son article intitulé "Ciao coaching...".

Extraits : J’ai quitté le coaching un dimanche matin, le 1er octobre 2006, en lui laissant un petit mot d’adieu bien en évidence sur la table de la cuisine. Je n’avais pas franchement grand chose à lui reprocher, à part que ces dernières années il avait eu tendance à prendre de plus en plus de bide et aussi la mauvaise habitude de se croire le centre du monde, à force de voir sa bobine dans les médias.… … J’ai été fait coach à la force du poignet, par la grâce d’une boîte de 100 cartes de visite qui me proclamaient « coach d’entreprise" à la face de l’univers, tant il est vrai que cet aspect de proclamation est une dimension essentielle de création de notre identité. … … Pour autant, cela ne me dit pas ce que que je vais bien pouvoir raconter aujourd’hui sur ma carte de visite. … … « Consultant » me semble un peu grand pour moi. « Thérapeute » un peu trop médical, … … Finalement, j’aime bien « passeur », même si cela fait un peu tarte sur une plaquette quadrichrome de Grand Maître du Business. Passeur de témoin d’une histoire à l’autre, et du coup témoin du passage par le point d’inflexion, ce Cap Horn où l’expérience de vie du client se réorganise sous son regard et dont le sillage fait un peu tanguer aussi la nôtre.

Pour voir l'article complet