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jeudi 3 décembre 2009

Vers un nouveau monde, avec les entreprises

Vers un nouveau monde ? Tel était le titre de la 9ème édition de l'Université des entreprises, organisée par le Medef Gironde, à Bordeaux Ecole de Management (BeM), le jeudi 26 novembre.

Les questions proposées aux intervenants, au fil de 4 débats, étaient les suivantes : Dans quel monde voulons-nous vivre ? Quelles sont les règles du jeu que nous sommes tous prêts à partager ? Sur quelles valeurs voulons-nous fonder nos sociétés ? Voulons-nous un monde plus respectueux et plus solidaire pour vivre sur une planète plus apaisée ? Quels sont la place et le rôle des chefs d’entreprise dans ce nouveau paradigme ? Passons sur les introductions des trois premiers débats par des professeurs de BeM : je ne voudrais pas être méchant ! Et zoomons sur les entrepreneurs.

Dans le premier débat, modéré par Gabrielle Denis (Editoile), Jean-François PAILLISSE (Pdt du Directoire de la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes) est intervenu en premier et a dit des choses intéressantes sur le besoin de s'adapter aux attentes très fortes des "nouveaux clients", très exigeants et très peu fidèles.

Pour écouter Jean-François Paillisse, cliquer ci-dessous :




Ensuite, Pierre FONLUPT (Pdt Commission Entreprises et Société, au MEDEF) nous livré le témoignage des entrepreneurs, en nous expliquant très concrètement pourquoi il faut réintroduire du collectif, redonner de l'initiative (le droit à l'erreur) et instaurer une organisation émotionnellement intelligente.

Pour écouter Pierre Fonlupt, cliquer ci-dessous :




Il y avait également Patrick DEBAERE (Pdt de l’Union régionale, CFE-CGC) et Michel SARRAT (PD-G de GT LOCATION). Le témoignage final de Marc PRIKAZSKY (PD-G de CEVA Santé Animale) concluait ce débat, avec des idées fortes sur l'engagement humain en entreprise.

Pour écouter Marc Prikazsky, cliquer ci-dessous :




Dans le second débat, modéré par Yann Buanec (Le Journal des Entreprises), nous avons eu une brève intervention de Philip McLAUGHLIN (Directeur de BEM), avec son humour habituel, suivi de Gontran LEJEUNE (Pdt du CJD), puis de Jérôme VERSCHAVE (Directeur de Cabinet du Conseil Régional). Je retiendrais celle de Geoffroy ROUX DE BEZIEUX (Pdt de VIRGIN MOBILE et de l'UNEDIC), qui disait les choses avec beaucoup de bon sens et l'esprit d'entreprise. Il nous a expliqué les 3 ingrédients essentiels pour diriger aujourd'hui et demain : la légitimité, la vérité et l'équité.

Pour écouter Geoffroy Roux de Bézieux, cliquer ci-dessous :




Le troisième débat était modéré par l'incontournable Alain Ribet (Objectif Aquitaine). Jean-Pierre ARNAUD (Pdt DCF), Thomas BERNARD (Directeur de Galerie), Antoine BONSCH (ADEME Aquitaine) et Delphine STROH (Responsable Développement Durable, Carrefour France) ont parlé des nouvelles attentes des clients, chacun à leur manière. C'est évidemment Ralph HABABOU, conférencier professionnel, rompu à cet exercice, qui a parlé du client roi devenu client dictateur, depuis que le net a pris le pouvoir sur nos comportements d'achat. Celui qui fut co-auteur avec Philippe Bloch du célèbre livre "service compris", il y a pas mal d'années maintenant, celui qui a créé Colombus Café en France, avant de le vendre récemment, vient d'écrire "Génération W". Derrière les 3 "w", il y a évidemment le web, mais aussi "woman" et "weather" : le pouvoir du net, les femmes comme principal moteur de progrès économique et social, et les changements climatiques qui influencent fortement notre avenir.

Pour écouter Ralph Hababou, cliquer ci-dessous :




Le débat de clôture était modéré par Pierre Goguet (Pdt Medef Gironde). Des personnalités aussi différentes que Claude DAGENS (Évêque d’Angoulême et Membre de l’Académie française), Eric FOTTORINO (Le Monde), Jean-Hervé LORENZI (Pdt du Cercle des Economistes, à nouveau Geoffroy ROUX DE BEZIEUX et enfin Manuel VALLS (Député-maire d’Evry) se sont succédés. C'est l'électron libre du PS que je retiens pour sa libre parole et sa clarté par rapport aux créateurs de richesse.

Pour écouter Manuel Valls, cliquer ci-dessous :




Pour voir quelques photos.

mercredi 25 mars 2009

Les auto-entrepreneurs sont-ils une aubaine pour les acheteurs ?

Par temps de crise, chacun cherche des prix plus justes en toute occasion — le particulier comme l'entreprise—, ce qui est bien naturel. Prix plus juste ne veut pas dire prix bradé ! Dans la consommation de tous les jours, nous le savons bien : les baisses de prix des "artistes" de la grande distribution sont bien souvent illusoires ! Parfois même une parfaite tromperie : produits spécialement commandés pour la période des soldes, produits déclassés, de la génération précédente, de basse qualité ou de provenance peu sûre, étiquettes d'anciens prix artificiellement gonflés, etc.

Dans la prestation de service aux entreprises, un certain nombre d'acteurs font converger leur mode de fonctionnement vers le bas : le moins-disant pour les acheteurs, le dumping pour les prestataires.

L'interview récente de François Amblard, Président de la chambre de l'ingénierie et du conseil de France (CICF), illustre bien cette tendance :La CICF qui est très bien implantée en région constate depuis quelques semaines que des prestataires font des offres anormalement basses. Selon nos statistiques, la journée consolidée de technicien et ingénieur se rémunère entre 600 et 800 euros. Or, des offres sont faites jusqu'à moitié prix pour garnir les carnets de commandes. Ces prestataires sont dans un système de vente à perte ou, encore plus grave, en dessous de ce qui est nécessaire pour bien faire leur travail. Il y a là un risque fort de générer des relations contractuelles conflictuelles, des prestations incomplètes voire pas faites, des sous-traitances dans les pays à bas coûts, des sinistres à retardement... Ne sacrifions pas la qualité de l'ingénierie à la crise.”

François Amblard précise également que le portage [salarial] n'est pas destructeur d'emploi. Il est plus souple, moins contraignant et moins cher. Il doit être encadré. Le Syndicat national des entreprises de portage salarial, adhérent de la CICF, joue ce rôle.

Or, au moment où les indépendants (entreprise individuelle ou société) souffrent des interruptions ou retards de missions client, on assiste à une collusion objective entre certains donneurs d'ordre et certains nouveaux (pas forcément) auto- (et pas forcément) entrepreneurs. Une fausse aubaine du point de vue commercial pour ces nouveaux prestataires de service qui espèrent tirer un meilleur revenu de leur activité que s'ils avaient créé une vraie entreprise ou avaient commencé par une société de portage salarial. Car, il ne faut pas se leurrer : les clients savent négocier et faire pression pour obtenir une baisse des prix d'un auto-entrepreneur, en jouant sur les moindres charges que permet ce régime.

Au final, on risque de brader la prestation "intellectuelle", comme le constate la CICF. Les clients en auront forcément pour leur argent : le prestataire sera moins performant, moins complet, moins à l'écoute de son client, … Les prestataires ne mettront pas à jour leurs pratiques, seront moins bien formés, resteront isolés, … Au bout du compte, les clients seront moins satisfaits, minimiseront le recours à des experts, consultants, spécialistes externes… jusqu'à ce qu'ils en ait à nouveau un besoin urgent, au moment du re-décollage de leur activité. Mais peut-être sera-t-il trop tard, car ils auront négligé de se préparer, de mettre en place de nouveaux process, de former leurs équipes, d'anticiper…

jeudi 17 juillet 2008

Le marché de mode du coaching à tout faire …

On trouve de tout — et parfois n'importe quoi — dans la mode envahissante du "coaching". C'est ce que je vois ici ou là, et c'est ce qui rend difficile le positionnement des "coachs" qui essaient de faire valoir leur sérieux.

Accompagner les individus — parfois les équipes — est un vrai métier. Qui est susceptible de l'exercer le mieux ? La personne qui a un "diplôme de coaching" de telle ou telle enseigne ou association ? Ou bien celle qui a vécu les situations professionnelles (ou personnelles) de celle qu'elle accompagne ? Ou les deux ? Je serais tenté de dire les deux, avec la primeur au vécu, en tous cas au vécu de l'entreprise, de l'économie, du monde du travail, etc.

L'article publié ce jour dans Newzy fustige les gourous et l'appât du gain de ceux qui donnent une si mauvaise image à une méthode galvaudée, utilisée à toutes les sauces. L'introduction est sans nuances : "Le marché de la détresse psychologique ne pouvait pas échapper aux pros de la manipulation mentale. C’est par la formation qu’ils font leur beurre…"

Coachs ou gourous ?
Newzy.fr - 17-07-2008

samedi 15 mars 2008

La trempe des coachs exigeants


C'était le jeudi 13 mars, lors d'une soirée NGRH. Jean-Pierre KORCZAK, coach aquitain et Cyril BAQUÉ, qui s'appuie sur le coaching des sportifs, ont témoigné à propos de leurs approches et expériences d'accompagnement individuel de managers devant développer la performance.

Ils nous ont utilement rappelé les contours de toute commande de coaching (la demande et le besoin), le centrage sur le coaché, la posture du coach, sa position en cas de conflit, le pré-entretien, l'importance des critères d'évaluation en amont de la démarche, les limites de la démarche.

Parmi les très intéressants témoignages, et les réponses aux questions des participants, celui que nous appelons affectueusement "JPK" a insisté sur un point qui me semble majeur : une fois la prestation est terminée, si l'évaluation montre que le résultat n'est pas obtenu (du fait du coaché, du coach ou de l'entreprise), il ne remet pas le couvert !! Il ne propose pas une rallonge de forfait coaching ; il ne favorise pas la consommation ; il considère que la prestation n'a pas été réussie. Si le demandeur veut repasser commande, c'est un autre coach doit être engagé. On aimerait entendre plus souvent des consultants avec cette éthique !!

Second exemple de coach exigeant : Pierre Blanc-Sahnoun, fort connu et déjà cité dans ce blog. Dans un article du 15 octobre 2007, il se demande “Peut-on encore parler de coaching et s’intituler « coach » ?”. Il fustige les abus de langage, qui font passer pour du coaching tout ce qui est service client, support technique en ligne ou simple gadget marketing. Voir l'article complet.

Plus récemment (le 13 février 2008 ) PBS s'interroge sur le risque que sa réputation l'amène à “se faire prendre au piège d’une image flatteuse renvoyée par les médias ou par les clients, qui tendrait à lui faire abandonner sa posture d’ignorance au profit de l’illusion qu’il sait (enfin) quelque chose, qu’il peut devenir un expert, développer des outils, se prendre pour un cultivateur de la pensée protégeant jalousement son silo, dont il espère bien tirer profit lorsqu’il vendra sa récolte au marché. Dès lors, il devient non plus un artisan qui fait commerce de son art, mais un commerçant qui vend un produit standardisé, un ours effectuant inlassablement le même numéro.” Voir l'article complet.

vendredi 15 juin 2007

Vendre du conseil

Dans son blog, Thierry Do Espirito, écrivait cette semaine que les consultants se posent la question, “au bout de quelque temps d'activité : comment faire pour vendre plus de conseil. Et par voie de conséquence pour vendre moins de production ?

Ce qui revient à ré-évaluer sa position d'expert. D'où l'intérêt de “faire évoluer son métier pour apporter plus de valeur ajoutée”.

Ensuite, Thierry Do Espirito rappellait qu'il faut les mots pour le dire : ne pas hésiter à “parler d'un cabinet conseil, d'un département Conseil ou d'un consultant free-lance […] afficher la couleur.

Ensuite, il y a la qualité d'écoute et d'analyse : “identifier ce qui se passe”. Et, bien entendu “la méthodologie : […] des outils […] des livrables très concrets“.

Thierry Do Espirito concluait en disant que "le conseil, ce n'est pas un monde de gourous délivrant quelques oracles sentencieux (il y a en plein les plateaux télé, en ce moment). C'est un univers d'experts capables de proposer des solutions de communication qui marchent et qui donnent des résultats.“

Pour lire son billet.