Affichage des articles dont le libellé est formateurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est formateurs. Afficher tous les articles

samedi 11 juillet 2009

Pourquoi nous bassiner avec le savoir-être ?

Un peu partout, on lit et on entend ce mot valise “savoir-être” que bien peu définissent, car on peut faire son marché très librement. Pourquoi le répète-t-on à l'envi ? Que fait-on des candidats à un poste qui n'ont pas ce “savoir-être” requis* ? Comment faire progresser les personnes qui sont en poste ? Telle est la tâche des formateurs, coachs et autres consultants internes ou externes, qui justifient leur rémunération ou leurs honoraires sur la base d'une promesse qu'il est parfois bien difficile de tenir !!

En effet, de quoi parle-t-on ? Le mot n'est ni dans le Larousse, ni dans le Littré, mais un peu partout sur le web. Commençons par l'article "savoir-être" sur Wikipedia qui nous dit ceci :
Le savoir-être correspond à la capacité de produire des actions et des réactions adaptées à l'environnement humain et écologique. Cette capacité s'acquiert en partie par la connaissance de savoirs spécifiques. Les recherches en éducation relatives au savoir-être ont pour objectif de trouver tous les moyens pédagogiques permettant aux apprenants d'acquérir au mieux la maîtrise d'actions et de réactions adaptées à leur organisme et à leur environnement : préservation de l'environnement, hygiène, empathie, contrôle émotionnel, contrôle comportemental, responsabilisation, actions pro-sociales, coopération, discours autocentré (langage "je"), gestion des conflits ...

Quel rapport avec l'acception habituelle des formateurs, coachs et consultants de tout poil ? S'agit-il de l'attitude de chacun de nous ? Certains l'écrivent en effet, en insistant sur le fait que votre attitude “parle” pour vous : il est important d'en prendre conscience et de maîtriser quelques techniques pour optimiser son comportement. S'agit-il tout simplement de notre “façon d'être” ? Comme le disait très concrètement et sans fioritures Nicole Raoult, passée de l'Anact à son cabinet d'accompagnement des seniors (Maturescence), évoquant le travail par missions que les seniors font de plus en plus pour les entreprises, lors du colloque organisé par ITG sur ce thème.

S'agit-il d'une valeur humaine fondamentale ? Voire d'une morale ? La morale est un facteur clé du bien-être collectif. L'immoralité a toujours un coût, même s'il est souvent caché car porté par les plus faibles. C'est pourquoi le savoir-être est une composante clé du recrutement et de la formation […] qui seront demain responsables de groupes humains. Ah que … ! … mais que c'est beau !!

S'agit-il de management relationnel, comme le dit comme le dit un livre intitulé “Savoir-être” ? Le savoir-être devient la nouvelle norme d'excellence professionnelle au sein des organismes pour le développement personnel de chacun et la qualité relationnelle du réseau clients-fournisseurs. [Il] passe notamment par la connaissance des comportements, des relations humaines et de la maîtrise d'outils de gestion, de communication, etc. Pourtant, ce n'est pas parce que l'on sait se comporter que l'on va agir en conséquence. En d'autres termes, le tout n'est pas de connaître le comportement adéquat, mais de le mettre en pratique, de le transformer en action. CQFD !! Toute progression dépasse la simple connaissance, ou la perception intellectuelle, voire la prise de conscience : elle a besoin de mise en pratique, d'exercice, d'entraînement.

Serait-ce du charisme** ? Ou bien — comme le dit l'article simpliste de Monster “Savoir, savoir-faire et savoir être ?” — s'agit-il des “points forts de votre caractère ainsi que votre comportement en groupe [qui] forment votre savoir-être.” Extrait de l'article du célèbre site de recrutement en ligne : “savoir = connaissances, savoir-faire = compétences, savoir-être = mode de fonctionnement […] On peut aussi définir le(s) savoir-être comme une synthèse de vos qualités, de vos défauts, de vos points forts et points faibles, de vos qualités humaines, de vos goûts et de vos motivations.” N'est-ce pas plutôt la définition même du mot “personnalité” (= ce qui distingue un individu) ? Que faire pour un candidat en recrutement ? Changer sa personnalité ? Pas possible ! Feindre ? Modifier son comportement ? Ce qu'attends le recruteur, c'est une illustration par des exemples (ou une mise en situation) des actions que le candidat a menées (ou mène spontanément) pour atteindre un résultat donné. On est bien là en plein dans le savoir-faire humain, relationnel, commercial, etc. , et donc les compétences qu'il estime avoir développées (ou qu'il devrait mettre en œuvre) dans des situations professionnelles antérieures (ou futures) !!

J'ai même trouvé sur le net une liste de critères ou dimensions du savoir-être, encore plus large et fourre-tout !! Cette liste combine des compétences plutôt cognitives (Adaptabilité, Analyse, Communication écrite, Négociation, Organisation et gestion des priorités, Orientation vers les résultats, Prise de décision, Synthèse) et/ou plutôt comportementales (Adaptabilité, Communication, Communication écrite, Négociation, Sens relationnel, Travail en équipe). J'ai aussi trouvé les “savoir-être comportementaux (sic !) : organisation, analyse et synthèse, rigueur, sens du relationnel, capacité d'écoute, curiosité, …” Faudrait savoir ! On s'intéresse à ce que je suis ou plutôt à la façon dont je me comporte, je me conduit, j'agis ?

Je crois donc — pour ma part — que le plus simple pour se faire comprendre est de parler de “savoir se comporter”. Les professionnels sérieux de la formation, du coaching ou du conseil ne vont pas s'aventurer à changer la personnalité : leur client ne le demande pas (sauf exception que je préfère mettre sur le compte d'un abus de langage), et il n'en n'a pas le droit, pas même en vertu du lien de subordination qui ne veut plus dire grand-chose ! Si on limite le “savoir-être” à ce que l'on entend le plus souvent, alors “savoir se comporter” est un autre savoir-faire (essentiellement relationnel, interpersonnel) facile à décliner en différents comportements à acquérir, améliorer, gommer, augmenter, corriger, par l'entraînement. Et cet entraînement peut se faire avec un formateur, un coach ou un consultant, avec des méthodes*** certes différentes, mais avec toujours le même résultat recherché pour développer ces compétences comportementales.

(*) par exemple, on dit à un candidat que le savoir-être compte davantage que le savoir-faire technique ou métier pour le poste. Mais comment sera-t-il est payé ? La rémunération reste trop souvent directement liée au savoir, réputé acquis lors de la formation initiale : les diplômes ont la vie dure en France ! Si part variable, elle sera calculée sur des objectifs chiffrés, avec plus ou moins de pondération individuelle ou collective.

(**) qualité d'une personne qui séduit, influence, voire fascine les autres par ses discours, ses attitudes, son tempérament, ses actions.

(***) à propos de méthodes, une émission hier de BFM parlait de "serious games", avec une société qui se propose de créer des jeux d'entreprise (pourquoi ne pas parler français ? surtout quand le concept et le produit ont déjà été créés depuis plus de 30 ans ! seule la technologie change !) pour faire travailler les comportements, en dehors du présentiel, avec une personne qualifiée ; même le journaliste était assez dubitatif, quant à l'idée qu'un jeu de rôle avec un avatar puisse significativement augmenter l'aisance relationnelle d'un commercial lorsqu'il sera en face de ses clients !!

mardi 7 avril 2009

Cultiver son réseau, une quête d'identité ?

Tous les consultants individuels qui vivent de leur métier vous le diront : leur clientèle s'est développée par le bouche-à-oreille essentiellement ou uniquement. Et ce, quelle que soit le statut : entreprise individuelle, Eurl, portage salarial. Le réseau est donc indispensable, mais quel réseau ? Et comment agir ?

On sent bien que la question est traitée différemment selon les réseaux. D'abord les réseaux dit "sociaux" : Facebook, Viadeo, par exemple. Facebook est passé d'un réseau virtuel connoté "ados" et "vie perso" à une plate-forme d'échanges également professionnels. Viadeo est tellement "pro" que certains en usent et en abusent, en l'assimilant à une plate-forme de lancement de leurs messages publicitaires, d'auto-promotion ou de marketing "bas de gamme" envahissant. Sur le portage salarial, on voit par exemple les différents hubs se résumer à peu de choses près à un affichage de réunions d'information et autres conférences gratuites de quelques sociétés de portage en mal de nouveaux prospects !!

Ensuite, les réseaux "dans la vie réelle", parfois issus de hubs Viadeo, Facebook ou autres. Quelques-uns auxquels j'ai participé à Bordeaux ou à Pau cherchent à développer la convivialité, les rencontres "business" et l'animation locale de créateurs ou d'individuels qui veulent éviter l'isolement. Hélas, il y a parfois la tentation de se contenter de mettre en avant tel ou tel membre qui fait une présentation, une animation ou une intervention pas toujours orientée "partage" mais "vente". Je constate également que parmi les créateurs qui viennent, une majorité tourne autour du conseil, de la prestation, de la formation ou des métiers libéraux en général. Ceux qui viennent avec le seul objectif de "draguer" des prospects éventuels risquent d'être déçus : entre confrères, parfois concurrents, peu de chances de faire autre chose que de se surveiller !

Enfin, les réseaux articulés autour d'un dispositif commun, comme le réseau de consultants d'ITG en région. Vendredi dernier, se tenait une réunion de ce club initié depuis 4 ans, dont la configuration change au fil du temps, en fonction des consultants présents et de leurs attentes. Une approche professionnelle forte, un besoin d'échanger à partir d'un mode de fonctionnement commun, mais avec des préoccupations commerciales, des métiers et des besoins différents. Parmi les initiatives intéressantes : le partage de savoir, de compétences ou de pratiques professionnelles. Ce qui se traduit par l'organisation d'ateliers animés par tel ou tel consultant. Dans ce genre de réseau, plus exclusif que les précédents, on ne compte pas ses "amis", mais on mesure les résultats concrets à chaque fois qu'on peut trouver le temps de venir, de participer, de s'impliquer.


D'où la question de la combinaison de deux formes de réseau : un réseau proche de personnes qui partagent au départ quelque chose de commun avec son prolongement numérique ? C'est le pari de la plate-forme collaborative qui vient d'être lancée chez ITG, avec plusieurs club métiers et clubs régionaux (dont le club aquitain). Développée par Nearbee qui a créé des "espaces de partage d'information par équipes" pour ITG, la plate-forme reprend le fonctionnement public des espaces de type Viadeo ou Facebook, en améliorant et en ajoutant un certain nombre de fonctionnalités : un wiki, un éditeur de blogs et d'articles, le téléchargement de fichiers à partager, etc., le tout en accès sécurisé.

Dans la vie réelle comme dans nos outils de prolongement numériques, les mêmes questions de posent. Il s'agit de cultiver son réseau par son identité originale et inversement ! Le réseau est un moyen de mieux se définir, même en creux ! D'où l'intérêt de suivre les conseils des experts* en la matière, pour éviter que sa réputation numérique ne soit détériorée par un abus d'auto-promotion sur Facebook ou de communiqués sur Viadeo !!

(*) Lire les 7 conseils d'Henri Kaufmann, un des "papes du marketing", qui sait de quoi il parle, dans son billet intitulé "Cultivez votre Identité "numérique" !" : préparer la terre, choisir les graines, jardiner, polliniser, entretenir, surveiller, éviter certaines erreurs. Un autre blogueur a mis en carte ces conseils, sous forme d'un schéma heuristique clair et lisible, ce qui n'est pas toujours le cas avec ce genre de carte mentale.

jeudi 22 mai 2008

Un billet d'humour et d'humeur sur le DIF


Sous le titre provocateur "DIF : Dissuader d'Investir en Formation", l'auteur du billet publié par le blog de Formaeva, explique que le DIF est "plutôt pensé comme étant un Droit à la Consommation de Formation".

Pour lire le billet.

Jonathan Pottiez fait mention de l'étude "La formation professionnelle des adultes : un système à la dérive", réalisée par Pierre Cahuc et André Zylberberg (10 juillet 2006), qui se termine par la recommandation de "supprimer le dispositif du droit individuel à la formation et réorienter la dépense publique en offrant à des publics en difficulté des formations longues, intensives et ancrées dans le secteur marchand".

L'auteur du billet, quant à lui, suggère notamment de ne pas mettre la charrue avant les bœufs !! Extrait : "Partir des besoins réels de formation (et non des envies !), puis penser aux aspects juridiques et financiers en second (comme trouver le moyen d'intégrer le DIF dans le plan de formation), c'est probablement une séquence plus logique que procéder dans le sens contraire."

Pour nous, consultants ou formateurs, c'est toujours la même histoire, depuis des lustres : investir sur le développement des compétences ou dépenser un budget qui doit l'être en faisant un cadeau à des personnels qui n'en ont pas forcément le besoin ou l'envie.

mardi 3 juillet 2007

Nouvelles carrières (suite)

Sur le blog des "Nouvelles Carrières", Jean Pralong revient sur sa conférence bordelaise et fait une copie de sa présentation. Voir ici.

Les consultants, experts, indépendants, formateurs, etc., qui pratiquent au quotidien les nouveaux modes de fonctionnement décrits par Jean Pralong, sont invités à commenter, apporter leur témoignage.

mardi 30 janvier 2007

Bienvenue

Bienvenue sur le blog des "consultants autonomes portés", une nouvelle race d'indépendants.

Les consultants, prestataires, formateurs, et autres intervenants individuels, peuvent créer leur activité en France, en choisissant entre 3 grandes formules :
• la création d'entreprise
• le statut libéral
• le portage salarial

Dans les trois cas, ils sont les créateurs de leur activité et sont responsables de leur "petite affaire" (business, pour parler franglais). S'ils préfèrent sous-traiter leur gestion administrative et comptable, ils choisiront la solution du "portage salarial".

Ce blog est ouvert à tous les consultants basés en région Aquitaine, quel que soit le mode opératoire. Portés par leur enthousiasme, portés par leur mobilité (nécessaire pour leurs interventions), et pour certains, portés administrativement.